mardi 24 mars 2020

Vidéos et Films Normands

Le cinématographe aussi a des archives !

Tournés par des professionnels ou des amateurs, les films intéressant l'histoire contemporaine de la Normandie sont nombreux et beaucoup sont disponibles sur internet.

Voici un petit tour d’horizon des différentes plateformes et de ce qu'il est possible d'y trouver.

(cliquer sur les titres pour voir les vidéos)

YOUTUBE

Sur cette plateforme l'offre est pléthorique : le plus dur est de s'y retrouver. Le moteur de recherche permet heureusement de trouver rapidement ce que l'on cherche. Les films normands sont nombreux, ceux liés aux bombardements de la Seconde Guerre et au Débarquement arrivent en tête. Vous y trouverez aussi des images des grandes villes, des grands monuments et des grands personnages : la vitrine de la Normandie en somme ! 


Les Archives Nationales Américaines (NARA) ont placés sur Youtube un très grand nombre de films tournés juste après le Débarquement, tel celui-ci qui immortalise le premier 14 Juillet post-occupation à Grandcamp.





Le Mont Saint Michel tel qu'on ne le voit plus aujourd'hui : au milieu d'un parking !







Tournées en 1915, les images de Claude Monet peignant dans son jardin de Giverny sont commentées en 1952 par Sacha Guitry pour son documentaire "Ceux de chez nous"







INA

Les Archives des l'INA, Institut National de l'Audiovisuel, permettent de retrouver les images tournées pour le petit écran.


On apprenait ce jour là le décès d'une "vedette" normande : La Mère Denis !






 

En 1958 pour rallier Caen au Havre, impossible de prendre le Pont de Normandie ni même le Pont de Tancarville... Le plus simple et le plus rapide était de laisser la voiture au garage et de prendre "la banane volante" !




Le site de l'Ina comporte aussi quelques films amateurs comme celui-ci qui retrace une visite familiale au Zoo de Clères. La fin de la pellicule présente quelques vues du Château de Gisors.  






Mémoire Normande

Depuis 30 ans, Normandie Image s'attache à collecter, numériser, conserver et faire connaitre des films tournés essentiellement par des amateurs et qui n'avaient pas, à l'origine, vocation a quitter les archives familiales. A ce jour 270 déposants ont constitué ce fonds de 3800 bobines tournées depuis les années 1920.   


Ce film amateur nous présente plusieurs fêtes animant Bayeux entre 1934 et 1935 : cavalcade, procession religieuse... et même un défilé d'éléphants !! Probablement ces images furent elles tournées lors du passage d'un cirque. La pellicule se termine sur des vues de la Loire et du Château d'Amboise. 




Autre fête, celle de Gournay en Bray en 1963, avec les Gilles du Carnaval de Binche. Sur ces images ils portent des paniers vides. Ordinairement ils contenaient des oranges que les Gilles distribuaient aux enfants (quand ils ne les lançaient pas, plus ou moins fortement sur les spectateurs !)




Ce film tourné entre 1950 et 1960 débute par le Marché aux Bestiaux de Saint Romain de Colbosc. Il nous emmène ensuite à Etretat, où se déroule une procession religieuse (Suisse en tête), puis sur les bords de Seine, où l'on prend le bac.





Archives Municipales du Havre

Si les archives municipales conservent souvent des films, peu nombreuses sont celles qui les mettent en ligne. C'est cependant le cas des AM du Havre qui partagent avec nous des images de la cité de François Ier et des communes environnantes.


Nous sommes ici dans la capitale de Belgique ! En 1915, en effet, le gouvernement belge s’était replié à Sainte Adresse aux portes du Havre.

cote : 4AV21




En 1964, le géant de l'industrie automobile fait construire ses chaines de montage à Sandouville.

cote : 4AV2/21






Ce film, dont on ignore la provenance et la date exacte, nous présente la "nouvelle" ville du Havre, telle qu'elle fut reconstruite par l'architecte Auguste Perret au lendemain de la Guerre.

cote : 4AV11





Bien sur de nombreux autres site proposent des vidéos normandes ! On en trouve même dans la Cinémathèque de Bretagne !


Voici Rouen au lendemain de la Guerre. On découvre sur ce film une vision spectrale du Palais de Justice éventré par les bombardements. La pellicule se poursuit par un voyage à Tunis puis en mer d'Iroise.

lundi 13 janvier 2020

La Révolution des horloges

Lorsque l'on étudie l'histoire de ses ancêtres ayant vécu sous la Révolution, on se confronte vite au Calendrier Républicain.

Ainsi de 1792 à 1806 les années sont numérotées de I à XIV, les mois portent des noms inspirés des saisons et des travaux agricoles (Vendémiaire, Brumaire, Frimaire, Nivôse, Pluviôse, Ventôse, Germinal, Floréal, Prairial, Messidor, Thermidor et Fructidor) et chacun d'eux est divisé en trois "décadis" de 10 jours qui tous reçurent le nom d'un légume, d'un animal ou d'un outil agricole (raisin, safran, châtaigne, colchique, cheval, balsamine, carotte, amaranthe, panais, cuve....). Un ancien billet avait été consacré aux prénoms révolutionnaires issus de ce calendrier.

Mais si le décret du 24 novembre 1793 (ou 4 frimaire an II puisque c'est désormais ainsi qu'il faut le nommé) met en place ces nouveaux noms de jours et de mois, il crée aussi une nouvelle façon de compter les heures et les minutes !

L'article XI du décret précise en effet : "Le jour, de minuit à minuit, est divisé en dix parties ou heures, chaque partie en dix autres, ainsi de suite jusqu'à la plus petite portion commensurable de la durée. La centième partie de l'heure est appelée minute décimale ; la centième partie de la minute est appelée seconde décimale".

En clair : la journée est divisée en 10 heures, chaque heure est divisée en 100 minutes décimales qui elles mêmes sont divisées en 100 secondes décimales.

La journée commence à minuit (qui comme sous l'Ancien Régime se trouve au milieu de la nuit !), à 5 heures il est midi et à 10 heures il est de nouveau minuit : une autre journée commence.

Sur ce cadran d'horloge révolutionnaire décoré d'une allégorie de la républicaine, on voit bien la graduation des heures de 1 à 10 et celle des minutes de 1 à 100.
 
De nouvelles pendules, montres ou cadrans solaires furent créés. Beaucoup affichent une double graduation (un cercle, souvent à l’intérieur, gradué de 1 à 10 et un second, souvent à l’extérieur gradué de 1 à 24) permettant ainsi la coexistence des deux systèmes.
 
Ce cadran présente une double graduation : de 1 à 10 et de 1 à 100 pour les heures et les minutes du nouveau système et de 1 à 24 et de de 1 à 60 pour les heures et les minutes de l'ancien système. A noter que la petite aiguille pour satisfaire au nouveau système ne fait qu'un seul tour de cadran par jour, ce qui implique une numération de 1 à 24 et non plus de 1 à 12 pour les heures de l'ancien système.

Ce type d'horloge décimale est cependant extrêmement rare car l'expérience ne fut que de courte durée. Elle ne dura en effet qu'un an et demi sans que son utilisation ne réussisse à s'imposer.

mardi 27 août 2019

Colorisation des photos anciennes

La retouche photo n'est pas une invention récente ! Les photographes "truquaient" parfois leurs photos bien avant l'apparition de l'informatique... Exemple ici d'une photo de 1942 représentant une grand mère et ses petits enfants...

En 1942, Marie NUYTTEN née GRIMOMPREZ a réuni autour d'elle ses petits enfants pour réaliser cette photographie probablement prise chez sa fille Madeleine à Hacqueville dans l'Eure.

Quelques coups de ciseaux, un ou deux points de colle et le photographe a fait figurer aux côtés de leur grand-mère et de leurs cousins, quatre petits enfants absents et n'ayant pas pu poser avec les autres !

S'il était déja possible dans les années 40 d'ajouter des personnes sur une photo a l'aide d'une paire de ciseaux, il est aujourd'hui possible, d'un simple clic, de redonner des couleurs à une photo en noir et blanc.

Depuis quelques mois, en effet, le site colourise.sg fait beaucoup parler de lui !

Celui-ci a été développé par la "GovTech Singapoure", un organisme du gouvernement de Singapour qui est responsable de la fourniture des services numériques au public de ce pays.
 
L’outil qu'il propose permet d'attribuer des couleurs aux photos en noir et blanc en se basant sur l'exemple de vieilles photos singapouriennes.

Les tonalités de couleurs présentes en Asie sont assez différentes de celles qui dominent dans nos contrées... Pourtant il faut reconnaître que cela donne un résultat plutôt séduisant !

Un résultat séduisant mais qui ne correspond pas forcement à la réalité... Sur l’annonce officielle de ce projet, il est clairement indiqué que “le but de la colorisation est de générer une image avec des couleurs plausibles. Cela ne garanti en aucun cas que l’image colorisée est une représentation exacte de l’instantanée réelle à l’époque”.

Ainsi si vous colorisez par ce biais la photo d'un soldat de la Grande Guerre, vous obtiendrez probablement une photo agréable à regarder mais la teinte des pattes de col par exemple (élément intéressant pour identifier son régiment) ne sera probablement pas la bonne...

Un autre site, colorize-it.com, existe depuis plusieurs années et propose également cette technologie mais avec des paramètres différents et donc un rendu différent lui aussi...

Les deux sites ont pour avantage d’être très simple d'utilisation et entièrement gratuit !

Voici un exemple de ce qu'il est possible de faire.

Après avoir numérisé votre photo, vous pouvez avec IrfanView donner un aspect correct à celle-ci : la redresser, la recadrer, l'éclaircir, corriger la netteté.... 

Première étape après avoir numériser votre photo : la remettre d'aplomb, supprimer les bords abîmés, améliorer la netteté et l'éclairage grâce par exemple au très bon et très utile logiciel IrfanView (que vous utilisez peut être déjà pour la retouche et gestion de vos copies d'actes).
Ensuite il suffit de la télécharger sur colourise.sg ou sur colorize-it.com et l’opération s'effectue toute seule !
  
Premiers résultats avec colourise.sg à gauche et colorize-it.com à droite.

On peut alors si nécessaire retourner sur IrfanView pour apporter des corrections supplémentaires : ici légère augmentation du contraste et de la saturation.
  
A nouveau le logiciel IrfanView est utilisé pour corriger les couleurs et obtenir le résultat final toujours
avec colourise.sg à gauche et colorize-it.com à droite.

Pour ce premier exemple le résultat obtenu avec
colorize-it.com est plus séduisant que celui de colourise.sg notamment en ce qui concerne la coloration des visages et des jambes... seul bémol l'apparition du logo en bas en droite...

Deuxième exemple en suivant le même procédé :

Après avoir été scannée la photo est recadrée et éclaircie avec IrfanView.

Premiers résultats avec colourise.sg à gauche et colorize-it.com. Dans les deux cas quelques défauts : les jambes des personnages restent souvent grises comme la couleur de la pierre derrière elle ; à droite la colorisation du lierre est un peu trop vive et a tendance à déborder sur les personnages...

Le logiciel IrfanView est à nouveau utilisé, notamment pour éclaircir la photo obtenue avec colourise.sg à gauche et pour alléger le vert un peu trop vif sur la version obtenue avec colorize-it.com à droite.
Ici c'est colourise.sg qui donne le meilleur résultat (le feuillage, notamment, présente un vert nuancé de points plus clairs très réussi). Mieux vaut donc utiliser les deux et choisir au cas par cas.

mercredi 1 mai 2019

Notre Dame de Paris


La première flèche fut construite en 1250. Elle abrita cinq cloches durant cinq siècles et, tombant en ruine, fut démontée entre 1786 et 1792.
(Plan de Paris, Mathieu Mérian, Archives Nationales)



Cette photo de 1842, l'une des premières de Notre Dame, présente la Cathédrale tendue de noir à l'occasion des funérailles du Duc d'Orléans. On est surpris de voir le parvis étriqué entre les différents bâtiments de l’Hôtel Dieu et de de l'Assistance Publique. Il pris son envergure actuelle lors de plusieurs vagues de démolitions dans les années 1860-1870.
(Daguerréotype conservé au Musée d’Orsay)


Durant 70 ans, Notre Dame resta sans flèche, dans l'état ou nous la présente cette photo prise Henri Le Secq des Tournelle. Ce photographe est connu des Rouennais pour sa collection de ferronnerie, aujourd'hui exposée dans le musée qui porte son nom et qui a pris place dans l'ancienne église Saint Laurent de Rouen.
(source indéterminée)


En 1860, Viollet le Duc dessine une nouvelle flèche et en confie la construction au charpentier Bellu. Elle culmine à 93 mètres. A son sommet on fixa un coq contenant des reliques de la Sainte Couronne, de Saint Denis et de Sainte Geneviève.
(Photographie conservée aux Archives de Paris)


Aout 1944, Paris libéré conserve sa cathédrale intacte. Elle avait déjà passé sans encombre la Première Guerre Mondiale. En 1870-1871, le Siège et la Commune de Paris, qui furent fatals à tant de monuments parisiens la laissèrent intacte.
(source indéterminée)


11 avril 2019, dans le cadre d'une large opération de restauration de Notre Dame les statues de la flèche sont déposées.


15 avril 2019, 19h50, soit une heure et demie après le début de l'incendie la flèche s’effondre et transperce la voûte.

Le lendemain, comme un espoir de renaissance, le coq en plomb de la flèche est miraculeusement retrouvé presque intact !